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Règlement de service de l’armée
Chapitre 3 Conduite et commandement
L’armée est une institution grande et diverse. Elle ne peut remplir sa mission fondamentale - défendre, protéger, aider - que si toutes ses forces collaborent. Des troupes formées et équipées de manière diversifiée et des spécialistes doivent remplir des missions particulières et travailler ensemble à atteindre un but commun. L’armée a donc besoin d’une organisation de commandement efficace. Elle est articulée en formations et organisée hiérarchiquement.
L’ordre et l’obéissance sont les caractéristiques principales du commandement militaire. Mais le terme commandement a un contenu beaucoup plus vaste qu’une simple donnée d’ordre, même en cas d’engagement réel. Le commandant doit fixer des buts, prendre des décisions et répartir des missions. Conduire signifie aussi traiter les informations reçues et les transmettre judicieusement. Les commandants doivent coordonner et contrôler le travail de leurs subordonnés et collaborer avec les organes de même niveau. Ils doivent motiver leurs subordonnés, veiller à leur bien-être, et empêcher ou arbitrer les conflits internes. A tous les échelons, le droit et le devoir de commander vont de pair avec la responsabilité.
Des subordonnés aussi, il est exigé davantage que la simple obéissance. Dans le cadre de leurs missions, ils doivent agir de manière autonome, disciplinée et responsable. Ils doivent informer leurs supérieurs et leurs camarades tout en collaborant avec eux de manière efficace.
Dans l’armée, tous les chefs sont en même temps des subordonnés. Celui qui donne des ordres, est aussi tenu à l’obéissance. Cela vaut même pour le général qui est responsable devant le Parlement et le Conseil fédéral. La discipline et l’indépendance sont, à tous les échelons de la hiérarchie militaire, aussi nécessaire que la volonté et la capacité de travailler ensemble.
Les formations de l’armée regroupent des citoyennes et des citoyens d’origines, d’âges, d’instruction, d’habitudes et vie et d’intérêts différents. La mission commune les réunit. Elle peut être exécutée uniquement si les individus forment une communauté soudée en vue de son accomplissement.
Section 1 Principes du commandement

Commandement


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1 Commander signifie diriger l’action des subordonnés pour atteindre un but commun.
2 Les résultats obtenus par une formation militaire sont davantage que la somme des prestations individuelles. Le commandement militaire suppose donc en particulier qu’il faut savoir convaincre chacun d’engager toutes ses forces dans l’accomplissement en commun de la mission, même au prix de sa vie, si nécessaire, en cas d’engagement réel.

Conduite en confiant des missions1


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Les chefs définissent les buts à atteindre. Ils laissent à leurs subordonnés la plus grande liberté possible quant aux moyens à mettre en œuvre. Cette liberté n’est limitée que par la nécessité de cohésion de l’ensemble.

Réflexion et engagement


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1 Conduire en confiant des missions requiert, de la part des supérieurs, courage, confiance et respect de la liberté d’action des subordonnés.2
2 Cette manière de commander exige des subordonnés une réflexion active, l’indépendance et l’initiative mises au service de la mission à accomplir.

Responsabilité


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1 Les supérieurs portent la responsabilité de donner à temps des missions conformes à la situation. Ils ne fixent des missions qu’après en avoir mesuré les conséquences. Dans cette perspective, ils tiennent compte des aptitudes de leurs subordonnés.
2 Le chef peut associer ses subordonnés à la préparation de ses décisions. Toutefois, celles-ci sont de sa seule responsabilité.
3 Les supérieurs contrôlent que les buts fixés soient atteints.
4 Les supérieurs sont responsables du bien-être et de la sécurité de leurs subordonnés. Ils ne leur font pas courir de risques inutiles.
5 Les subordonnés, à tous les échelons, portent aussi des responsabilités. Ils sont responsables d’accomplir une mission, dans le cadre de la liberté d’action qui leur a été accordée.

Discipline


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1 Atteindre les objectifs fixés exige que tous les militaires d’une même formation agissent de manière disciplinée. La discipline signifie que le militaire vise d’abord à l’accomplissement de la mission commune en donnant le meilleur de lui-même et fait passer au second plan ses désirs et ses intérêts personnels.
2 La discipline atteint son efficacité optimale quand elle s’allie à l’indépendance et à l’initiative.

Information


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1 Pour pouvoir atteindre les buts fixés à leur formation, les subordonnés doivent connaître l’intention de leur supérieur. Le chef saisit donc chaque occasion propice pour les informer. Chaque fois que cela est possible, il fait connaître les réflexions qui l’ont amené à sa décision. Cette information est d’autant plus importante que le supérieur compte sur l’indépendance et l’esprit d’initiative de chacun de ses subordonnés.
2 Les subordonnés informent spontanément leur chef des événements pouvant être importants pour l’exécution de leur mission. Cette information est notamment nécessaire lorsque leurs connaissances techniques et spécialisées peuvent être déterminantes pour le succès de la formation.
3 Chaque militaire s’efforce d’acquérir les informations importantes pour l’exécution de sa mission.

Communication


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Les tâches dévolues à une formation sont souvent difficiles et complexes. Elles ne peuvent être maîtrisées que si les membres de cette formation ont le souci d’informer en permanence sur leur travail. Une communication régulière contribue de façon décisive à ce que chacun puisse s’identifier à sa mission et agir de son mieux. Entre supérieurs et subordonnés, elle crée cette confiance qui permet, lorsque le temps manque et que les circonstances sont difficiles, de conduire au moyen d’ordres brefs.

Valeur de l’exemple


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Commander exige de l’autorité. Celle-ci résulte de la crédibilité personnelle et technique des supérieurs. Ils conduisent en premier lieu par leur exemple personnel. Ils sont un modèle de discipline et d’engagement et ont de ce fait un effet éducatif sur leurs subordonnés.3

Esprit de corps de travail


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Supérieurs et subordonnés se côtoient dans le respect réciproque. Ils ont confiance les uns en les autres et s’engagent ensemble pour renforcer l’esprit de corps et la capacité de travail de leur formation. Savoir qu’on peut compter sur les autres facilite l’accomplissement de son devoir et la réussite de la mission commune.


1 Nouvelle teneur selon le ch. I 4 de l’O du 3 déc. 2010, en vigueur depuis le 1er janv. 2011 (RO 2010 5971).
2 Nouvelle teneur selon le ch. I 4 de l’O du 3 déc. 2010, en vigueur depuis le 1er janv. 2011 (RO 2010 5971).
3 Nouvelle teneur de la phrase selon le ch. I de l’O du 19 déc. 2003, en vigueur depuis le 1er mars 2004 (RO 2004 729).

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